Le blog du coton tige

La vie, les pensées, le journal, les erreurs, les étapes, les problèmes, les projets, les amours, les larmes, les doutes, les espoirs d'un coton tige comme les autres.

lundi 29 mai 2006

Lundi c'est lapin au cidre.

Un week-end dans une ferme du Poitou, un week-end sans maquillage, sans cigarette, sans portable, sans internet.
Un week-end civet de lapin, fromages de chèvre et asperges du jardin.

Les odeurs. A peine entrée dans la maison, je respire et je me souviens du bonheur de mes vacances d'enfant. L'excitation d'après déjeuner à l'idée d'aller à la piscine du village.
Je me souviens des mouches, toujours là, je me souviens des énormes papillons de nuit qui me faisaient terriblement peur et qui me font toujours peur d'ailleurs.
Je suis allée voir les chèvres, j'ai même été jusqu'à les traire, comme avant, comme quand j'étais petite.
J'ai admiré les lapins dans la grange, même celui que j'ai mangé ensuite le vendredi. J'ai regardé les pintades se serrer les unes contre les autres, tremblotantes. J'ai cueilli des coquelicots, découvert qu'il existait des coquelicots roses, j'ai ramassé des oeufs tout sales, regardé les vaches qui partaient à l'abattoir.

J'aime cette famille. J'aime cette sérénité. J'aime ces grandes discussions.

J'aime bien quand elle m'apprend à faire de la crème anglaise. J'aime bien quand elle me fait des câlins comme si j'avais 6 ans. C'est la mère qu'on voudrait choisir. Toute ronde, fine cuisinière, excellente couturière, dynamique comme personne, drôle et tellement pleine de bon sens. Elle mène sa grande famille d'une poigne de fer. Elle est pleine d'amour et rend les siens heureux.

J'aime son humour et sa façon de fumer la pipe. Il est le papa parfait parce qu'imparfait. Il a un rapport aux animaux que j'admire. Il est fort, il est courageux, il sait tellement de choses. Il se marre de mon ignorance de petite fille des villes. Il prend du plaisir à m'expliquer comment on tue un lapin. Il sait la différence entre le foin et la paille. J'aime sa barbe grisonnante et ses jeans usés.

Il fait bon vivre dans ce vieux moulin. Mes souvenirs d'enfance restent intacts, les choses ne changent pas.
Elles se bonifient avec le temps.

Je suis rentrée samedi toute revigorée. Ressourcée. Presque Copain est venu me chercher et m'a écouté lui raconter tout ce que j'ai mangé. Il a regardé mon coquelicot sèché entre deux pages de Madame Bovary. Il a senti le pyjama que je lui collais sous le nez "Sent, tu vois, ça sent comme là bas!". Il m'a trouvé jolie dans ma nouvelle robe finement réajustée par la maîtresse de maison.

On a dîné à Montparnasse dans une charmante crèperie. L'orage est loin. Il était beau. J'étais bien.

Posté par coton tige à 11:56 - Mai 2006 - Commentaires [19] - Permalien [#]

Commentaires

    Ah là là

    Ben voilà que tu me donnes envie de retourner à la campagne toi (de faire un vrai retour à la terre en somme...). c'est bon ça le lapin au cidre?

    Posté par Karma, lundi 29 mai 2006 à 12:15
  • "Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    Ca faisait des conciliabules
    Chez les cocottes en courroux"
    Rien à voir, ou presque, mais je me suis mise à fredonner ce titre de Nougaro tant ton post est beau, et donne le sourire.
    ça fait plaisir de te voir sereine, Petit Coton

    Posté par RdT, lundi 29 mai 2006 à 12:41
  • Je suis curieux de savoir quels sont les odeurs qui t'ont marqué ...
    Généralement les odeurs qui marquent sont celles des animaux, mais aussi l'odeur du foin, l'odeur de la moisson ou encore les cerises qu'il faudra bientot aller chercher sur les arbres ...

    Posté par tphosphore, lundi 29 mai 2006 à 12:56
  • Réponse à Tphosphore

    Tu vas être un peu déçu... Il y a d'abord l'odeur de la maison: une odeur d'humidité et de cuisine. Il y a ensuite l'odeur du désodorisant pour WC. Véridique. Cette odeur n'a pas changé depuis mon enfance et elle m'évoque beaucoup de souvenirs. ça manque de poèsie hein?
    Et bien sur l'odeur de la chèvrerie, prenante, tenace, évocatrice.
    Enfin il y a aussi l'odeur de l'herbe et des cailloux poussiéreux dans la cour.
    Alors? Satisfait?

    Posté par Coton tige, lundi 29 mai 2006 à 13:07
  • bon ben...

    ya pas a chier, c est tt de meme sympa la campagne Pis se ressourcer de tps en tps

    Pourvu que ca dure pour toi coton :p

    Posté par sebseb, lundi 29 mai 2006 à 13:09
  • ah la la

    C'est bon d'avoir des endroits où se resourcer. Ils font partie de notre histoire, on les quitte en y laissant une part de nous, que l'on peut toujours retrouver. Ah, la vie...

    Posté par flottante, lundi 29 mai 2006 à 14:24
  • yahlaaaaa !!!

    un petit Coton sur un nuage (de coton!!) un coeur qui s'ouvre et se gorge.. Voilà une délicieuse fleur qui s'épanouit et s'ouvre vers Presque Copain...

    Allez Coton.. encore quelques pas et tu es arrivée.

    Posté par Wil, lundi 29 mai 2006 à 14:41
  • Satisfait ! :-)

    C'est juste notre mémoire qui associe tout le contexte à un momment heureux : une ambiance, un son, des odeurs, des sentiments ...

    Moi par exemple je me souviens de l'odeur des poulets qu'on trempait dans l'eau bouillante pour les plumés ... ça m'horrifiait ...

    Voilà, je ne suis pas déçu... chaqu'un retient des petites choses de ses momments de bonheur. Heureux que tu nous fasses goûter aux tiens par ce récit.

    Posté par tphosphore, lundi 29 mai 2006 à 15:14
  • Comme Will, qui m'a oté les mots du clavier...
    Coton, tu es heureuse et ça se sent...

    Posté par eguemarine, lundi 29 mai 2006 à 15:18
  • moi l'odeur que je retiens et qui veut dire vacances et tant de chose c'est l'odeur d'un feu de joie .. c'est agréable de lire ces mots écrits par toi Coton, tu sembles apaisée )

    Posté par Jade, lundi 29 mai 2006 à 16:05
  • Madame Butterfly

    N'aie plus peur, les papillons de nuit sont nos amis, l'un d'eux me l'a dit, il ne m'aurait pas menti, tiens le toi pour dit !

    Posté par Dardarwin, lundi 29 mai 2006 à 18:44
  • c'est oû?

    J'aurais bien besoin d'un coin comme ça... ça me changerait sans doute les idées... par contre j'ai peur des papillons... et ce n'est pas une blague... une vrai phobie! Je sais, je suis ridicule...

    Posté par un moucheron, lundi 29 mai 2006 à 18:58
  • miam

    la gourmande que je suis, bave d'imaginer ce lapin au cidre...

    ...surtout s'il est associé à repas de famille (de sang ou de coeur la famille, peu importe), papotage en cuisine, balade dans les environs à ramasser des fleurettes...

    ...et à profiter de toutes ces couleurs qu'on oublie, à force de vivre dans des endroits tout gris!!

    Elle est bien belle vue d'ici, la campagne dont tu nous parles Coton!

    Posté par MissTortue, lundi 29 mai 2006 à 19:47
  • Très bien, ce temps passé en campagne, chère Coton. Bien-sûr, j'aurais bien aimé éviter de lire les détails sur les animaux (le lapin mangé, les vaches à l'abattoir...) - je suis végée, après tout.

    Ah!... et c'est quoi, la différence entre le foin et la paille?

    Contente de te lire, tu sembles heureuse.

    Posté par Magie, lundi 29 mai 2006 à 20:05
  • Lalaaaaaaaa ....

    Un petit bijou, ce blog ...

    Je n'ai pas fini de le parcourir.

    Posté par Cali., lundi 29 mai 2006 à 20:56
  • ...

    Ca fait longtemps que tu n'as pas écrit sur tes fesses. Alors, esy-ce que cette nouvelle robe les met en valeur ?

    Posté par Cristophe, lundi 29 mai 2006 à 22:02
  • Là j'ai pas d'imagination

    Juste envie de plussoyer tout le monde (ça se dit ça ?) et d'écrire que ça fait plaisir de lire ce genre de trucs.
    Webkisses

    (Et mes condoléances pour le lapin)

    Posté par Yojik, mardi 30 mai 2006 à 10:08
  • merci pour ce joli post

    Ca donne envie d'aller prendre un grand bol d'air frais à la campagne. C'est si joliment décrit. Ta sérénité est communicative, pour sûr !

    Posté par sukie, mardi 30 mai 2006 à 10:15
  • Ca me donne envie de ....

    ... rentrer en France....
    Merci de nous rappeler les jolies choses de nos campagnes !

    Posté par Kyaro, mardi 30 mai 2006 à 12:28

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